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 [BG] Sandoval

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Sandoval

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MessageSujet: [BG] Sandoval   Dim 22 Mar - 17:50

Préambule : la création, ou l'origine d'un symbole


Cette histoire prend forme sur les rives d'un lac oublié au nord de Karrog Nur, le "Pays de la Horde Sauvage", en plein territoire Tauren, et ce bien avant la découverte du Lorndor et la confrontation massive des différents peuples. Comme toute création divine, ce lac n'avait, à l'origine, aucun nom... Les Dieux du Lorndor ont en effet autre chose à faire qu'inventer des mots pour chaque chose : n'ont-ils pas pour cela attribué un langage à leurs créatures ? Certains prétendent que ce serait par manque d'originalité (blasphème qui, d'ordinaire, coûte la vie à quiconque ose le penser...). D'ailleurs, pourquoi s'évertuer à créer une éthymologie divine puisqu'à l'usage tous les lieux de la Création seront nommés différemment dans chaque royaume ! Sans parler des différents dialectes... Non, pour être enfin désigné, ce lac devra comme tous les autres attendre qu'un événement marquant se produise en ces lieux ou qu'une légende y élise domicile.


Petite parenthèse (enchantée) : il est à noter qu'il en a toujours été ainsi pour la plupart des endroits célèbres en Karrog Nur, doux pays aux noms évocateurs, à défaut d'être provocateurs comme en In'mil...

- Citons par exemple la "Grosse Grotte des Grands Grunts Gris" qui, comme son nom l'indique à tous ceux qui savent le prononcer, a longtemps abrité une variété de grunts géants à la peau gris-vert due à une vie aussi caverneuse que leur voix. Il paraît qu'ils s'y installèrent pour miner dans les profondeurs de la terre, après avoir délogé une meute de gnolls qui occupaient les lieux depuis des générations et qui nommaient l'endroit la "Grotte de Chien". Mais depuis la Grande Secousse, personne n'a plus aucune nouvelle de ces grunts...

- Chez nos amis Undead, près du site de Gra, la fameuse "Source du Mâle" a longtemps permis à tout mort-vivant de sexe plutôt masculin, mais fortement émasculé par une résurrection inégalement répartie, de retrouver un regain de vitalité en se plongeant dans ses eaux putrides. Hélas, cette source fut un jour purifiée par le suicide d'un elfe égaré en ces terres qui s'y jeta pour échapper à une mort atroce, et son pouvoir charnel se dissipa au moment même où ce dernier perdit la vie à Gra...

- Autre lieu, autres moeurs : en territoire Troll, un petit village nommé Arsanglan a toujours eu coutume de former les mages les plus facétieux dans le domaine de l'eau. Il est vrai qu'ils profitaient grandement du vaste étang voisin pour leurs expérimentations, et que celui-ci a souvent changé de forme ou même de place au fil du temps, empêchant par là toute cartographie digne de Senon (Senon, grand cartographe Troll qui édifia la première carte de référence de Karrog Nur et dont nous reparlerons sans doute plus tard). Durant de nombreuses générations, les villages voisins, incrédules, nommèrent ce lieu mystérieux la "région où l'étang s'étend"... Le nom définitif ne fut fixé qu'à la découverte de la raison de ces changements fréquents, quand les magiciens de l'eau révélèrent à leurs confrères leurs expériences et que tout le royaume put déclarer, soulagé : "Enfin, le mystère de l'étang d'Arsanglan est levé !".


Les exemples de ce type sont légions en Karrog Nur, et sans doute en est-il de même en In'mil où Les Monts Ninceste semblent tenir leur funeste nom d'une sombre histoire d'adultère impliquant des nains en pleine sieste. Tout ceci reste bien sûr à vérifier auprès de nos confrères de l'Alliance... Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos Taurens, car malheureusement ce petit lac n'était le théâtre d'aucune aventure épique et ne recelait aucune particularité qui aurait pu lui valoir un nom. Seule animation à sa triste surface : une colonie de cygnes y avait élu domicile, et ce depuis la création originelle de ces terres sauvages. Des cygnes, oui, mais des "paons amis" ! C'est ainsi que l'on nommait, à tort, cette variété de cygnes qui, contrairement à tous ceux de leur espèce, ne perdaient pas leur sombre couleur de naissance et ne devenaient pas d'un blanc resplendissant en grandissant. Non, ils naissaient et demeuraient gris. Un gris particulier, très sombre quand il était plongé dans les ténébres, pratiquement incolore quand il était baigné par la lumière du Soleil, et surtout très brillant et argenté sous la clarté de la Lune ! Etait-ce un signe pour ces cygnes ?


Quoi qu'il en soit, les Taurens des environs les ont toujours nommés "Cygnes d'Argent". Une histoire drôle troll (mais n'est-ce pas un pléonasme que de préciser ceci ?) assez célèbre raconte que ces volatiles sont à l'image du peuple qui les entoure. Il s'agit bien sûr d'une plaisanterie sur l'immaturité des taurens, qui demeurent toute leur existence tels qu'ils étaient à la naissance : de grands enfants. Ces derniers ayant un sens de l'humour limité à la première lettre de ce mot (au "h" donc, ou plutôt à "la hache"...), cette plaisanterie haute en couleurs fut à l'origine de nombreux jets de liquide rouge dans les vertes forêts environnantes... C'est ainsi que notre petit lac oublié était simplement appelé le "lac aux cygnes d'argent" (ou "le lac" pour ceux qui n'avaient jamais franchi la terrible épreuve du "quatre mots à la suite").

Mais tout de même, il fallait aux taurens un mot simple pour désigner cet endroit. Disposant d'un large lexique pour décrire la nature, ils choisirent le son "sand", signifiant "cygne" dans leur langue, pour débuter ce nom tant recherché. Malheureusement, ils ne disposaient pas d'un mot pour chaque couleur, et en particulier pour cette nuance d'argent qui caractérisait ces cygnes... Ils voulurent alors utiliser un mot d'origine elfique, sachant que ces derniers étaient "bons en mots" (et à manger, mais ceci est une autre histoire...). Certains partirent donc en quête d'un elfe vivant (condition qu'ils oublièrent souvent en rut, heu... en route), empruntant pour cela l'étroit et terrifiant passage, semé d'embûches et de dangers, menant vers In'mil, le Pays de l'Alliance Eternelle, dont aucun n'était jamais revenu et qui restait un mystère, si tant est que ce passage ait jamais existé ! Cerda seul sait pourquoi : s'enfonçant dans les ténébres de l'extrémité nord de Karrog Nur, ils tombèrent naseau à naseau avec des drows. Croyant que les elfes, tels les cygnes, naissaient noirs et prenaient leur véritable couleur en grandissant, ils pensèrent avoir rencontré les bons interlocuteurs. Ce ne sont pas leurs amis Grunts qui auraient pu les détromper, car ils disent toujours "Les elfes, moi je les vois rouges, pourquoi ?"... Il existe aussi certainement une histoire troll au sujet de cette confusion des Taurens, mais étrangement les Trolls avaient déjà à cette époque renoncé à raconter leurs plaisanteries à leurs voisins, on ignore encore pourquoi... Bref, à partir de cette rencontre s'ensuivirent des années de guerre, comme le veut la coutume de découverte de l'autre en ces terres, jusqu'au jour où un vieil elfe noir fut surpris en sa demeure en train de préparer des poudres colorées. Des guerriers taurens le questionnèrent vigoureusement en lui mettant les poudres colorées sous le nez pour obtenir les traductions tant recherchées. Leur chef, plus instruit que sa meute, compris au bout d'une heure que l'on pouvait obtenir du gris avec du blanc et de noir : il présenta donc successivement ces deux poudres colorées aux restes du vieil elfe, qui n'eut le temps que d'articuler "Ov...", "Al...". En vérité, il tentait de crier "Au voleur ! A l'aide !", mais n'en eut jamais la force...

Mais pour les Taurens, le secret du gris était enfin percé : il suffisait de mêler les sons "ov" et "al", qui désignaient l'ombre et la lumière (ou inversement...) et l'on obtenait ainsi un gris clair-obscur du plus bel effet. Ainsi fut formé le nom du lac : Sandoval. Il est à noter que les elfes n'ont jamais compris le sens de ce mot et la traduction qu'en faisaient les Taurens, car dans leur langue un lac avec des cygnes se dit simplement "Ielfethyp" (à vos souhaits), comme tout le monde est censé le savoir. Selon eux...

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Dernière édition par Sandoval le Jeu 16 Juil - 16:22, édité 1 fois
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Sidhi

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MessageSujet: Re: [BG] Sandoval   Lun 23 Mar - 21:27

Superbe, magnifique, un texte qui se dévore !
Milles jeux de mots, comme toujours, ça pourrait même être un slogan : "Un texte de Sandoval, un texte à savourer"


(je sais pas si c'est bien que je commente ça là, mais sinon je savais pas où le mettre)
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Sandoval

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MessageSujet: Re: [BG] Sandoval   Ven 28 Déc - 18:12

Chapitre 1 : "L'enfance, ou la naissance d'un nom"

Autrefois, Sandoval se nommait Amos, ce qui dans sa langue signifie à peu près, ou plutôt à beaucoup près : "Grand protecteur des animaux à cornes des contreforts de la forêt bordant la rive sud du lac Sandoval" (en effet, à l'image de leur espèce, la langue des Taurens s'exprime avec beaucoup de force et peu de mots : tout est dans l'intonation...).

Il faisait la fierté de son village, jusqu'au jour où un jeune tauren ayant quelques problèmes de prononciation (et une corne en moins, mais ceci est une autre histoire...) l'appela "Amos...". Pour une oreille non tauren, rien d'étonnant à cela… Mais, dans sa façon involontairement insistante et peu assurée de prononcer son nom, le jeune tauren venait ni plus ni moins de lui manquer de respect ! Même s'il n'avait aucunement l'intention d'offenser le fier guerrier, c'est en tout cas ce que tout le village entendit, ce qui provoqua l'hilarité générale ! Fortement vexé, Amos (attention à la prononciation !) tourna les sabots et gagna sa forêt, prétextant avoir entendu un cerf bramer le soir au fond des bois… Il passa la nuit à contenir sa rage, ne pouvant taper sur aucun arbre ni sur aucun animal par respect pour la nature. Il rentra au petit matin dans son village, qu'il espérait désert à cette heure…

Mais c'était l'heure de l'enseignement chamanique pour les jeunes du village : il ne pouvait le savoir, lui qui n'y était jamais allé, car destiné dès son plus jeune âge à devenir un protecteur de la forêt (comme le fut avant lui son père Vamos, et le père de son père Samos, et ainsi peut-on remonter jusqu'à la nuit des temps ou l'aube de la création selon l'heure de la journée…). Les jeunes taurens, en plein âge bête (ndlr : bien que, étant des bêtes par nature, chez les taurens l'âge bête dure tout la vie..., et perdure même dans la mort paraît-il !), donc les jeunes taurens l'aperçurent et se mirent à se moquer de lui. Il en est même un qui, ayant trop écouté d'histoires sur le malicieux petit peuple des gnomes, lui jeta la première pierre. Laissant exploser toute la rage qu'il contenait depuis la veille, Amos gifla le jeune imprudent si fortement que le craquement de ses cervicales fit rider la surface du lac Sandoval, d'ordinaire si calme et si lisse, à plusieurs lieues de là…

Cette tragédie ne lui fut jamais pardonnée, et Amos fut banni de son village. Il se réfugia dans les bois et s'enfonça dans une grotte obscure dont l'entrée se trouvait derrière la cascade qui nourrit le lac Sandoval. Un endroit "que lui seul connaissait…" pensait-il ! Rien n'était moins vrai, car il tomba naseau à naseau avec une vieille tauren qu'il reconnut aussitôt : "La sorcière… La vieille sorcière des histoires de mon enfance !". Et juste avant d'être écrasée par un poing géant et vengeur, la vieille bête eut le temps d'expliquer en un meuglement les raisons de sa présence dans cette grotte et les intentions amicales qu'elle avait à l'encontre d'Amos, qu'elle avait souvent pu observer dans la forêt et qu'elle considérait comme le phœnix des hôtes de ces bois (phrase qu'elle fit d'ailleurs passer pour sienne, connaissant le peu de culture générale de son impromptu mais néanmoins bienvenu visiteur). En effet, comme vous le savez maintenant, la langue tauren est à ce point condensée et expressive qu'il suffit à la sorcière d'un seul mot correctement prononcé pour y placer tout ce sens : "Stop !".


L'histoire de la sorcière est simple et, en certains points, proche de celle d'Amos : autrefois, peu avant sa naissance, elle appartenait à son village. Elle se prénommait Tori et était plus connue sous le nom de "Tori la Tauren" ou "Tori la magicienne" ou "Tori tout court", et elle ne se souciait que d'éviter à son futur enfant de ne point être nommé "Tori fils". Elle était, quand même, la plus douée de sa tribu question magie et elle devint très vite la shaman du village. Mais un jour, le père d'Amos découvrit que pour progresser dans sa maîtrise des énergies du feu (elle avait par hasard découvert un parchemin de "météore" mais elle n'avait pas auparavant étudié le tutorial de Kromack précisant que cette trouvaille fixerait son école de magie, car elle aussi pratiquait souvent l'école buissonnière, en bonne créature des boisn ah ces nouveaux venus, toujours les mêmes erreurs…), Tori s'exerçait sur certains animaux qu'elle jugeait "inutiles ou voués à disparaître" car ne possédant pas une puissante paire de cornes : les unicornes, les bêtes à 3 cornes, les escargots, et accessoirement les elfes sylvains… Son manque de respect envers la nature (elle fut bien sûr pardonnée pour les elfes…) lui valut d'être bannie du village. Elle se vengea en brûlant vif le père d'Amos, Vamos, à la plage du lac alors qu'il sortait de son bain annuel, ce que bien sûr elle ne révéla pas au jeune tauren qui se tenait face à elle.

A Tori, Amos assura compagnie et protection. A Amos, Tori apprit l'art de la magie, ce qui fit de lui un équilibré. Elle lui conseilla aussi de changer de nom, et il prit naturellement celui du lac qui l'abritait : Sandoval.

Mais, pour effacer toute trace de son passé et partir librement, Sandoval inventa une fausse origine à son nom. Il prétend à qui veut l'entendre (et peut le comprendre surtout…) qu'une sorcière lui a jeté une terrible malédiction : attiré par une voix envoûtante qui chantait dans un bois charmant, il s'était approché tout près d'un campement humain, en pagaille donc, et découvrit une jeune femme elfe qui chantait devant une foule ébahie par ses oreilles. Elle se nommait Hope Sandoval… Mais son odeur bovine le trahit, car il était placé contre le vent (une erreur de jeunesse qu'il s'est juré de ne plus commettre) et les humains, comme à leur habitude, prirent peur. Et cette peur se transforma naturellement chez eux en violence. Les hommes lui jetèrent des pierres (ndlr : comme les jeunes taurens du village, comme quoi le mensonge est plus solide quand il est tissé de petites vérités), les femmes lui jetèrent des regards noirs, et une petite femme gnome, du nom de Mazzy Star, lui jeta… un sort pour soit-disant "le rendre bon" (et un sort qui rend les "gens bons", c'est un comble pour un tauren !) : il tomberait immédiatement amoureux de la première créature qu'il verrait ! Par malheur, il ne quittait pas des yeux la chanteuse elfe, la seule à ne pas être effrayée et à lui avoir souri. Et bien qu'elle fut d'une nature horriblement elfique, il succomba instantanément à son charme. Mais cet amour pour Hope Sandoval était contre nature. Puisqu'il ne pourrait jamais l'oublier, il décida de prendre son nom, mais abandonna tout espoir…

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Sandoval

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MessageSujet: Re: [BG] Sandoval   Mer 2 Jan - 18:38

Chapitre 2 : "L'adolescence, ou l'éveil en Lorndor"

Sandoval traversa les vastes étendues qui l'éloignaient de son village natal et le rapprochaient un peu plus du territoire des orcs, un peuple qu'il savait allié des taurens selon d'anciennes légendes, et où il espérait trouver un peu de fraternité. Néanmoins n'en avait-il jamais aperçu un seul, et il ne connaissait d'eux que leur réputation de forts guerriers. Peut-être même aurait-il la chance de croiser un troll, une créature dont il adorait les tours malicieux dans les histoires d'enfance !

Après une longue trotte, à la nuit venue, il s'enfonça plus profondément dans la forêt pour y trouver refuge, suivant à la lettre la recommandation que lui avait faite son père : "Si tu cherches un abri côtier, va sur la côte… Si tu cherches un abricotier, va dans le jardin… Mais si tu cherches un abri sûr, va dans la forêt lointaine, où l'on entend le coucou…". Autour de lui, les animaux se faisaient de plus en plus rares et il se sentait vraiment dans un autre monde. Néanmoins, malgré le silence inhabituel et inquiétant des hôtes de ces bois, il s'endormit paisiblement…

Sa nuit fut courte et ses rêves mouvementés, peuplés de rires moqueurs, de craquements de cervicales et d'incantations magiques maintes fois répétées… mais aussi d'une étrange construction : une sorte de porte, transparente, surmontée de deux cornes (bien que ce détail lui paraisse tout à fait naturel !) dégageant une aura magique qui l'attirait.

Et, se tenant devant les deux cornes, une femme. Une femme, ou plutôt un ange, avec de grandes ailes dans le dos. Un ange, ou plutôt une personne connue, un visage entraperçu il y a peu de temps... peut-être... Hope Sandoval ! A peine l'eut-il reconnue qu'elle lui fit signe de se taire, posant un doigt sur sa bouche voulant dire "chut...". Ceci lui rappela son enfance, quand sa mère faisait le même geste pour lui signifier l'heure de dormir, tout en lui disant "Maintenant, le silence... et dors !". Sandoval n'a jamais compris pourquoi cette phrase faisait toujours rire son père, (soit-disant s'agissait-il d'un vieux dicton...) qui, de plus, répondait par une autre phrase énigmatique : "Et plus long sera le chut, plus profond sera le sommeil".

Mais pendant que ses souvenirs refaisaient surface,, l'ange, lui, avait disparu dans les profondeurs d'on ne sait où (ce qui est encore plus loin qu'on peut l'imaginer) et seul restait le portail, brillant d'une mystérieuse attraction. Au moment-même où le tauren voyait sa patte s'approcher de cette "porte"… s'enfoncer sans douleur au travers de l'aura transparente… jusqu'à la traverser de tout son être… il se réveilla en sursaut !

Il oublia vite son rêve car il faisait déjà jour et, à entendre la rumeur environnante, le bois et ses occupants s'étaient réveillés aussi. Mais le premier être qu'il rencontra ne lui laissa pas l'occasion de demander où il se trouvait : il le massacra à grands coups de marteau, avec une telle furie qu'il semblait avoir attendu toute une journée pour s'acharner ainsi sur sa cible !

Fin de l'histoire ?
Ca aurait dû être le cas… Pourtant Sandoval se réveilla à nouveau, en vie et en pleine forme ! Juste un léger mal de crâne avec un bruit résiduel de tambour. Une puissante voix de tauren lui dit :
"Allez, debout, tu retournes au combat !
- Parnmourn, ma déesse, est-ce toi qui m'accueilles ? Ce portail dans mon rêve, était-ce le chemin ?
- Par les cornes du grand Grumpf, non, je suis Kitsch, tauren de son étal. T'es nouveau toi. Laisse-moi t'expliquer… Tu n'es plus en Karrog Nur : ici, tu es en Lorndor, le Pays des Songes. Et en Lorndor, tu dois te battre aux côtés de tes frères de sang ! Mais rassure-toi, désormais tu es immortel…"

Ainsi Sandoval découvrit la triste réalité de ce territoire maudit où rien n'est Ordre, Calme, ni Volupté, mais où tout est Horde, Mal et Cruauté ! Il avait connu sa première mort : il était baptisé ! Il connut ensuite de nombreux combats contre ces créatures qu'il croyait n'exister que dans les contes pour taurinettes : gnomes, nains, humains, elfes… Il croisa des grunts et des trolls, en tout point fidèles à l'image qu'il s'en était faite, mais aussi des morts-vivants (ce qui, après sa résurrection, ne l'étonna plus guère) se battant à ses côtés, ou plutôt de tous côtés ! Il lutta longtemps pour sa survie, ne sachant pas ce que la mort pourrait lui prendre la prochaine fois…

Ce semblant de fraternité entre membres de la Horde lui apparut comme le seul réconfort sur ces terres. Et surtout le seul point de repère donnant un sens à son désir de survivre. Mais d'autant plus cruelle fut la désillusion quand il fut trahi par un des siens ! En effet, au sortir d'une auberge mal famée (mais fameuse !), alors qu'il ne prenait garde, il fut frappé dans le dos, sans avoir le temps de se retourner pour voir son agresseur… Mais son ombre à deux cornes dénonçait le traître (ainsi que son odeur bien trop familière…) !

A sa deuxième résurrection, Sandoval se rappela que le tauren qui l'avait éclairé sur sa situation dans ce monde de ténèbres lui avait aussi suggéré d'entrer dans un clan. Il lui avait parlé de son chef, un fier guerrier grunt ("Un des dix meilleurs de tout Lorndor !" avait-il ajouté) qui cherchait à rassembler autour de lui des créatures et à créer un repère commun dans lequel elles pourraient vivre libres et solidaires.

Il retrouva la trace de ce clan au nom d'éternuement, les [ZullS] (à moins que ce soit la désignation d'un plantigrade bien connu par un nain édenté ?) et décida d'y entrer pour faire cause commune avec ses membres. Désormais, ses combats avaient un nouveau sens : coopérer, s'aguerrir, participer à des projets, comme un château pour sa nouvelle "famille d'infortune". Chose étrange tout de même : il croisa dans ce clan quelques représentants des races de l'Alliance… N'étant pas de nature foncièrement hostile aux créatures "différentes" (qui plus est après la récente trahison d'un de ses frères de sang), il découvrit qu'il était parfois possible de communiquer avec certaines d'entre elles… voire peut-être de coopérer avec celles qui ne menaçaient pas la Horde… Tout en se tenant toujours sur ses gardes (sans els écraser) !


Ainsi, si tout était clair concernant la conduite à tenir envers les races de la Horde, Sandoval était pour l'heure partagé entre deux sentiments contraires vis-à-vis des créatures de l'Alliance : une rage adulte d'exterminer ces être "historiquement" ennemis et une curiosité enfantine de les découvrir. Après tout, il était en pleine crise d'adolescence…

Mais il n'eut pas le temps de réfléchir comme il le souhaitait (ou plutôt "autant qu'il en avait besoin en tant que tauren") à cette nouvelle situation. Un clan étonnant, dont le seul but de ses membres étaient d'occire les autres chefs de clan, avait besoin d'aide : son château était assiégé par l'Alliance ! N'écoutant que son sens de l'honneur (la réflexion avant l'action n'étant d'ailleurs pas une des caractéristiques marquantes de sa race), il partit sur le champ… de bataille. Là, quelle ne fut pas sa surprise en découvrant que le général en chef des défenses, sous les ordres duquel il allait combattre, n'était pas un homme mais une femme elfe. Oui, vous avez bien entendu : c'était une… une… elfe ! Il découvrit plus tard, car l'écrasante armée adverse ne lui en laissa pas placer une, qu'elle était appelée "chef" car personne ne pouvait prononcer correctement son nom : HaiaeL... avec plus de a et de i encore... comme un cri "Ah ! Y a Elle !".

Malgré la défaite, en dépit d'une défense acharnée devant un ennemi en très grand surnombre, le premier pas vers la découverte de l'autre venait d'être franchi. Il faut dire qu'une guerre, ça rapproche, surtout quand on la perd ! Ainsi, cette troisième mort lui parut un peu moins violente que les autres. Ou, en tout cas, plus justifiée car au service d'une noble cause de défense de l'équilibre (quels qu'aient été les véritables origines de ce conflit, qui le dépassent grandement encore aujourd'hui…). Voulant poursuivre dans cette "découverte" des peuples de l'Alliance, qui néanmoins restaient pour le plupart des ennemis naturels, Sandoval essaya d'approcher les rares créatures qui semblaient ouvertes au dialogue. Tout en éliminant sans pitié celles qui restaient fermées à la connaissance des peuples ! Ces échanges furent très peu fréquents et on peut aujourd'hui encore les compter sur les doigts de la patte, qu'il s'agisse d'une coopération intellectuelle concernant une quête ou à nouveau la défense d'un château injustement assiégé… Par contre, le soutien apporté entre membres de la Horde était, lui, grandissant, pour peu que l'on sache rester à l'écart de certains individus douteux, et cela était d'un grand réconfort.

De ces expériences, une idée faisait son chemin dans l'esprit tourmenté de Sandoval. Une idée, ou plutôt un sentiment qui avait toujours été présent en lui, depuis le début : quelle était, en effet, sa motivation à rester en vie sur Lorndor ? Viscéralement, notre cher tauren aspirait à vivre en paix dans la nature créée par Parnmourn. Et intérieurement, il rêvait aussi de retrouver un semblant de la famille qui lui manquait tant. Ou du moins un village dont il ne serait plus banni et dans lequel il pourrait assumer le rôle pour lequel, comme son père, et comme le père de son père avant lui, il était destiné depuis son plus jeune âge : celui de Grand Herbeux. Ainsi, puisque la paix totale et définitive avec l'Alliance lui paraissait impossible, envisagea-t-il pour la première fois de former une communauté avec ses frères de la Horde. Une "famille" unie autour d'un même besoin vital : trouver en Lorndor un lieu de paix, loin de tout combat et où pourrait se développer un esprit de fraternité pour que chacun puisse approfondir ses capacités particulières. Un lieu loin du mépris et de la peur affichés injustement par les races de l'Alliance à l'encontre des membres de la Horde. Un lieu où le comportement importerait autant que la race même. Une Horde pure, ne frappant pas ses membres, ne traquant que ses véritables ennemis, et sachant trouver sa voie entre un hordeux chaotique dangereux et un allianceux pacifique inoffensif.

C'est ainsi qu'il quitta, non sans remords, le clan dans lequel il avait tant appris et qu'il partit à la recherche d'un territoire reculé qui pourrait représenter l'Espoir pour ceux de la Horde qui, comme lui, cherchaient un refuge dans les Valeurs de l'Ombre...

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MessageSujet: Re: [BG] Sandoval   Mer 2 Jan - 23:52

Chapitre 3 : "L'âge adulte, ou la Communauté de l'Espoir"

Comme le disait le poète Alexandre I : "Comme Lorndor semble grand pour qui n'a pas de clan !". Sandoval sentait le goût amer des regrets se mêler à la douce saveur de la liberté. Mais il s'interdisait de telles pensées, suivant une fois encore à la lettre les conseils paternels (et éternels) : "Les regrets, c'est bon pour les elfes !". Il se demanda quand même si, finalement, son père n'était pas un petit plaisantin, car toutes ses maximes n'avaient apparemment aucune logique ! Et pour la première fois, le tauren sentit poindre en lui une pointe de sagesse. Et ce n'était pas si désagréable ! Il se promit de réessayer la prochaine fois qu'il penserait…

Chemin faisant (animal de la famille des faisanidés, très couru en période de chasse), il se retrouva corne à corne avec des taurens armés jusqu'aux dents, quittant leur château de clan et partant dans de sinistres mugissements vers de sombres agissements. Il se trouvait en effet dans une zone regroupant de nombreux palais abritant de puissants clans de la Horde. Il décida d'aller y chercher de la compagnie : certains de ses frères partageaient-ils sans doute ses idées civilisatrices… Sandoval avait balayé ses idées noires et il avait repris espoir à la vue de ses frères !

Il s'approcha de la bâtisse la plus proche, une forteresse renforcée d'os et de crânes, dans le plus pur style mort-vivant de la période dite "de l'arche immonde". Il n'avait d'ailleurs jamais compris la raison de cette appellation, d'autant que la vieille sorcière qui l'avait éduqué lui répondait à chaque question : "Mais tu le fais exprès, ou quoi ?" (ce à quoi il répondait qu'il ne s'appelait pas Oukoi, mais Amos)... Sur le perron, il vit l'arche, mais elle n'était pas immonde… Par contre, à terre il y avait un tas d'immondices : il conclut qu'il s'agissait bien d'une construction undead, mais il déplora que les traditions se perdent ainsi, même chez les revenants.

Il cogna fortement à la porte… Celle-ci s'ouvrit aussi fortement… La première chose à en sortir fut une forte odeur de mort… Puis un temps mort, fort long... Ensuite arriva un guerrier décharné, mais fortement armé… Sandoval leva la main… Le mort-vivant leva la main… Sandoval ouvrit la bouche pour dire "Grumpf !"… Le mort-vivant ouvrit la mâchoire pour dire "Argh !" (ce qui, en langage local, signifie "A mort !")… Et une pluie d'os s'abattit sur le tauren ! Heureusement, aucun autre revenant n'était venu lui prêter main forte, et il fut laissé pour mort devant le palais, sa vie ne tenant plus qu'à un fil…

Il fut sorti de sa torpeur par un petit picotement. Il ouvrit difficilement les yeux, rassemblant ses dernières forces, et il aperçut péniblement dans la lumière la silhouette d'un petit être frêle aux oreilles pointues qui le tâtait de son bâton, apparemment pour vérifier son état. Sandoval tendit la patte vers le jeune elfe, se rappelant les légendes sur la noblesse de ces créatures, et bégaya un petit "Grumpf…". L'elfe sembla comprendre tout de suite la gravité des blessures du tauren et commença immédiatement une incantation magique. Il semblait si jeune et inexpérimenté : maîtrisait-il déjà les sorts de soin ? La réponse ne se fit pas attendre : non ! De ses mains jaillirent des flammes… qui s'abattirent à quelques mètres de là ! Sandoval se remémora alors l'apprentissage de ses premiers sorts, la difficulté de concentrer la puissance magique sans se déconcentrer soi-même… Par chance, cet elfe était un débutant et par deux fois il échoua. Malheureusement, il décida d'achever la bête à coup de bâton.

Mourir... et renaître, une 5ème fois ! Mais Sandoval ne s'y habituait pas, d'autant qu'il était déçu par ses frères de la Horde, vivant reclus dans leur palais et attaquant quiconque passait à proximité sans chercher à connaître les intentions des voyageurs. Déçu aussi il était par les races de l'Alliance qui, sous couvert de bons sentiments, de justice et de survie, se comportaient exactement comme leurs ennemis. Plus jamais il n'accepterait qu'on lui dise que seuls ses frères de la Horde étaient des bêtes sauvages et sanguinaires ! Il en est, certes, et forts nombreux… mais de toutes les races ! Il tenta encore d'approcher quelques groupes arborant la bannière de la Horde, mais n'en reçut que coups et blessures. Il engagea même un scribe pour écrire à un clan de soit-disant lettrés, mais la réponse fut à l'image du peuple Humain : arrogante et matérialiste, avec nul autre idéal que d'obéir sans rien obtenir, de maudire sans mot dire, et ne faisant aucun cas de la moindre action non sanglante, comme la Propagande, la Connaissance, l'Herboristerie, la Fumisterie... Seule loi : n'en respecter aucune. Ne respecter personne. N'être personne tout en beuglant que l'on existe. Vivre dans l'excès pour masquer que l'on n'est rien. N'avoir pris de la tradition de la meute que le rôle du chef. Il était temps, petit navire, de s'éloigner du Néant.

Il repris sa route et se dirigea vers les lointaines contrées du sud, désirant trouver l'endroit le plus reculé qui soit, loin des combats dits "de l'eunuque décapité" (sans queue ni tête, donc...). Il traversa les plaines sanguinaires, dans lesquelles se déversent chaque jour des torrents de créatures belliqueuses venues de leur royaume (pour en être réexpédiées souvent aussitôt). Il décida de longer la rivière pour se laver du sang qui, de toutes parts, l'éclaboussait. Il dut ensuite se frayer un chemin entre les différentes forteresses qui se dressaient devant lui, fermement décidé cette fois-ci à ne frapper à aucune porte. Elles étaient si nombreuses qu'il était pratiquement impossible d'en éviter une sans s'approcher d'une autre ! Il ne se sentait pas le bienvenu : certains lui jetaient des regards noirs… et d'autres des sorts ! Se soignant tant bien que mal, entrant dans le vif du sujet quand il était nécessaire, transperçant les créatures agressives plutôt que de les contourner, Sandoval continua sa route dans le soleil couchant, s'éloignant le plus possible de toute civilisation…

Ce n'est qu'au petit matin, avec la lumière revenue éclairer les terres, qu'il découvrit non loin vers le sud-ouest une plaine qui semblait déserte. Aucun palais à l'horizon… Ni rumeur de bataille, ni fracas des armes… Simplement de grands oiseaux qui tournaient en rond… Il s'y engagea d'un pas ravi et décidé. Et effectivement, le lieu était inoccupé, calme et vide. Ou plutôt "vidé" : de nombreux cadavres jonchaient le sol et les oiseaux n'étaient autre que des vautours terminant les restes !

Qui plus est, de grandes barres rocheuses empêchaient toute progression vers le sud et l'ouest, signifiant la fin des terres du Lorndor. Cet endroit était un vrai cul-de-sac, et n'importe quel voleur prix la main dans le sac serait accusé d'avoir porté une main au... Mais relevons le débat. L'endroit avait été mis à sac, évidemment… Pourtant, malgré l'odeur des corps et le sombre décor, son aspect sauvage plut tout de suite au tauren errant, qui décida de s'y établir. Il commença par construire une cabane, ce qui lui rappela son enfance dans les bois, comme le lui avait si bien appris son père. Il partit ensuite inspecter les environs et croisa quelques voyageurs solitaires qui, à sa grande surprise, ne l'attaquèrent pas sans chercher qui il était. Il se présenta ainsi aux quelques occupants voisins, les rassurant sur ses activités pacifiques et les informant de son intention d'aménager un village dans le sombre renfoncement qu'il avait découvert. Il apprit qu'il s'agissait des ruines d'une forteresse undead et qu'après leur défaite ceux-ci étaient partis bien plus au nord pour s'établir, à plusieurs clans, près de leur royaume, trop souvent attaqué.

Ainsi fut posée la première poutre de ce qu'il espérait devenir un refuge paisible, prouvant qu'une société organisé pouvait se développer parmi la Horde. Une civilisation regroupant les meilleurs travailleurs et inventeurs, artisans et artistes, à corne ou sans corne : la Communauté de l'Espoir pouvait naître ! Sur les ruines de la mort, il rebâtirait la vie. Le clan HOPE était né ! Et comptait déjà un membre...

Il faut dire qu'après avoir été banni, la vie dans son village en Karrog Nur lui avait tant manqué, et il espérait ainsi la retrouver. Mais surgissant lui aussi du passé, un autre nom se rappela à sa mémoire : Hope… Hope Sandoval… Elle était là, en ce monde. Elle venait d'y entrer...

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MessageSujet: Re: [BG] Sandoval   Mar 8 Jan - 20:11

Chapitre 4 : La vieillesse, ou la Mort dans l'Ame

C'est un trou du Lorndor où chante une rivière
Arrosant follement de gerbes les haillons
Sanglants, où le Démon de sa prison de fer,
Crie ; c'est un (Sando)val qui bouse sur les Avalons.
- Il est temps d'honorer ta parole, Malgr. Tu ne peux plus reculer maintenant, alors fais face à ton destin !
- Qu'il est aisé de dire cela quand on est du côté des vainqueurs, Parnmourn. Tu sais bien que ce que tu demandes est divinement impossible.
- Impossible n'est pas hordeux ! Et comment ai-je fait, moi, durant toutes ces décennies avec ce fardeau sur les cornes ? Une fois au pied du mur, me suis-je... plainte ? (ndlr : à relever ici, un jeu de mot fait "maison")
- Oui, tu n'as pas arrêté de te plaindre de lui.
- Qu'importe : pari sera toujours pari. Tu as perdu. Tu prends ton lot.

Et sur ce dernier mot, Parnmourn fit porter son dernier mort. Il était enrubanné des cornes aux sabots, tel un présent déjà au passé. Il voguait sur le Canoë Rose (où l'on oublie qui l'on était, où l'on n'a plus jamais peur, où l'on se dit qu'on n'était pas vraiment fait pour le rôle... où l'on pleure plus que le saule), au beau milieu du fleuve carré, dont les Héros Chroniques se demandent encore par quel mystère il s'écoule. Il était porté par le courant, sous l'œil du PJ Harvey qui semblait composer une ode à la rivière.

Un vieux tauren, gueule ouverte, tête cornue
Et l'anus saignant d'un frais frisson bleu,
Dort : il est étendu dans l'eau, sous la nue,
Pâle dans son pagne vert où la poussière pleut.
Au clapotis de l'eau répondaient les claquements de dents de Malgr :
- Non ! Je ne pourrai pas ! Je ne survivrai pas à cela !
- Souviens-toi que tu es Immortel, lui chuchota la déesse Tauren dans un sourire de soulagement.
- Mais eux aussi sont immortels ! Et tant qu'ils ne formulent pas le vœu de quitter le Lorndor, nous sommes condamnés à les y ramener sans cesse et à rester là, Nous, avec eux, et à nous en occuper ! Pourtant CerDA sait qu'on a œuvré pour leur départ à tous !
- Je sais que c'est dur, lui dit Parnmourn en lui tapant sur l'omoplate. Je suis passée par là aussi. Oh il m'en a fait baver, ce bovin ! J'ai tout supporté, tout ! Les prières à questions, les offrandes à requêtes, les sautes d'humeur, les idées saugrenues, les râleries pour un rien, les inventions à bouser, les plaisanteries ridicules, les chants d'honneur... quelle horreur !

A ces mots, Malgr se prit la tête à pleines phalanges et hurla comme en proie au (Louis) Trio :
- Non, non, tout mais pas ça, tais-toi, tais-toi, non ne raconte pas ça ! Oh non, non, non, tais-toi !
- Allez, allez, courage. Tu pourras tenter de déposer la Soucoupe Dorée à ses pattes, sait-on jamais... Et puis tu sais, Calaelen a bien hérité des Elfes, alors estime-toi heureux.

Malgr reprit courage à cette pensée, et Parnmourn lui asséna le mot de grâce :
- Maintenant il est temps : comme promis tu le ramènes à ta Non-Vie et tu le prends parmi les Tiens, que ce soit en zombi ou en bison, peu importe.

Les pattes comme ses aïeuls, il dort. Souriant comme
Meuglerait un jeune veau malade, il fait un somme.
Parnmourn, berce-le chaudement, il a froid !
Les tavernes ne font plus frissonner ses naseaux
Il dort d'un long sommeil, une hache dans la poitrine,
Tranché. Il a cent trous rouges au côté droit.
Malgr s'exécuta et il releva le cadavre tauren qui gisait là et qui revint à la vie comme il l'avait quittée, dans un râle :
- Par les cornes du Grand Grumpf, qu'est-ce que c'est que toutes ces bandelettes ! Ah c'est pas vrai : ma faux !

Regardant autour de lui, l'ancien tauren posa son œil de bœuf sur les deux divinités qui papotaient tout en lévitant (et en l'évitant) :
- Pa... Pa...
- Hé, Malgr, écoute : il te prend pour son père... se gaussa la déesse Tauren.
- Pa... Parnmourn ! Vous ici ? Ma déesse, dans quel état m'avez-vous laissé ? Et que fait cette chose informe à côté de Vous ?
- Tu vas voir ce qu'elle peut faire, la Chose Informe ! tempêta Malgr en levant un bras décharné d'un air acharné.

Parnmourn l'arrêta net :
- Non. Ce serait trop facile. De tout temps les insultes de nos créatures ne nous ont jamais atteintes car elles ne sont que le reflet de leur ignorance. Ignorance dans laquelle nous les maintenons, d'ailleurs.
- Alors écoutez-moi bien, madame de "Maintenons" ! Non seulement je vais garder cette créature un temps parmi les Miens, mais qui plus est je vais m'en occuper. A commencer par lui redonner forme hordeuse, et même en acceptant de soulever quelque peu le voile du Savoir. Et sans ruminer. Moi.

Et telle une Lune Rousse, Parnmourn s'éclipsa pour laisser la chose face à son Maître :
- Je suis Malgr. Tu es des Nôtres maintenant. Ta créatrice t'a... cédé... Te voici Non Mort désormais.
- Mais... Mais...
- Voyons, Parnmourn n'est pas si âgée. Dis-moi ton nom.
- Sandoval...
- Très drôle. Mais ton vrai nom ?
- Ben... Sandoval...
- Décidément, je ne me ferai jamais aux noms taurens. Bien, Sang d'Ovale, je t'accorde le droit de me poser une question sur ce monde. Je t'écoute...
- Une seule question ?
- Oui. Et maintenant, adieu, et fais honneur à la Non Vie !
- Attendez !
- Oui ?
- Non, ça vous me l'avez déjà dit.
- Quoi ?
- Ben oui.
- Qui ?
- Vous.
- Moi ?
- Qui d'autre ?
- Arrête ça tout de suite, insignifiante créature sans chair et de sang.
- Oui, d'ailleurs si vous pouviez m'arranger ça...

Divines promesses n'engageant personne, c'est d'ailleurs pour cela qu'elles sont le plus souvent tenues, la non moins non morte déité accomplit son vœu et transforma le cadavre parlant en "Mort Debout à Deux Cornes", le débarrassant de la petite vermine qui le parcourait. Espérant en avoir fini avec ces basses besognes et un dialogue horripilant, Malgr sortit de sa besace un peu de poudre d'escampette, quand... :
- Grand merci, Tout Puissant Malgr ! Mais dites, je vous ai entendu parler avec Parnmourn là, de lever les voiles sur un radeau...
- Lever le voile, petit être. Un rideau, peut-être...
- Oui, je me suis grumpfé. Mais Divine Maîtresse, avant de m'abandonner ici, m'avait promis de me guider vers la personne que je cherche, en échange de six lances.
- De silence, je pense. De silence...
- Oui, c'est ce que je dis. Mais pourquoi alors m'a-t-elle guidé jusque dans vos humérus pour immédiatement me laisser choir ? (ndlr : ici, un jeu de mot qui décoiffe)
- Qui cherches-tu ?
- Une elfe argentée, nommée Hope Sandoval. Ou Hope tout simplement. Avec de grandes ailes.
- Tu as déjà vu des elfes avec des ailes ?
- Heu... Non...
- Et tu ne te poses pas la question ?
- Non, en général c'est aux autres que je pose des questions, j'aime bien.
- Sois assuré que tu es le seul à trouver cela amusant. Ta Hope n'est pas une elfe, elle est des Nôtres.
- Elle a bu son ver comme les autres ?
- Hein ?!
- Non, pardonnez, j'ai encore quelques souvenirs taurens en tête... Des Nôtres, c'est-à-dire ?

Et dans un rictus de délivrance, Malgr disparut en laissant flotter ces paroles :
- Demande à Lilith...

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